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Abcès cérébraux à pyogènes : facteurs pronostiques et intérêt du relais des antibiotiques par voie oraleau sein d'une cohorte rétrospective de 109 patients

Par : Asquier-Khati, Antoine

Document archivé le : 26/03/2019

Introduction : les abcès cérébraux à pyogènes correspondent à une infection sévère du système nerveux central et restent associés à une morbi-mortalité élevée. Les modalités de prise en charge médicales et chirurgicales sont encore débattues. Nous avons cherché à caractériser les facteurs cliniques et thérapeutiques influençant la mortalité et les séquelles neurologiques. Méthodes : 109 patients adultes hospitalisés au CHU de Nantes pour un abcès cérébral entre mars 2003 et décembre 2016 ont été rétrospectivement inclus dans notre étude. Nous avons recueilli pour chaque patient les données suivantes : présentation clinique initiale, paramètres biologiques et radiologiques, modalités de prise en charge médicales et chirurgicales. L'évolution neurologique a été évaluée par le Glasgow Outcome Scale (GOS) à 3 mois et classée en deux groupes : évolution favorable (récupération complète ou séquelles modérées) ou évolution défavorable (séquelles sévères, état végétatif ou décès). Une analyse univariée puis multivariée a été utilisée pour identifier les facteurs associés au pronostic neurologique. Résultats : à 3 mois, la mortalité au sein de notre cohorte était de 12%, tandis que 72% des patients avaient évolué de façon favorable. En analyse multivariée, les facteurs suivants étaient associés à une évolution neurologique défavorable à 3 mois : la présence de comorbidités (Charlson Comorbidity Index : CCI ≥ 2) et un Glasgow Coma Scale (GCS) initial perturbé (GCS ≤ 14). A l'inverse, le relais per os des antibiotiques était significativement associé à une bonneévolution neurologique. Les autres facteurs étudiés, à savoir l'âge des patients, la taille et le nombre des abcès, les modalités du traitement chirurgical, et la durée des antibiotiques, n'ont paseu de retentissement significatif sur le pronostic neurologique. Conclusion : les caractéristiques cliniques de notre cohorte sont comparables avec les données de la littérature : nos résultats sont donc potentiellement extrapolables. Il est difficile de porter des conclusions définitives à propos du switch des antibiotiques par voie orale compte tenu des facteurs de confusion potentiels. Malgré tout, dans notre population, le relais per os ne semble pas associé à une mauvaise évolution neurologique. Une antibiothérapie par voie orale offre l'avantage d'une durée d'hospitalisation plus courte, defrais hospitaliers réduits, de complications iatrogènes moindres, et d'une meilleure qualité de vie pour les patients. 18NANT214M


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