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Incidence and factors associated with SARS-CoV-2 infection in French patients with inflammatory bowel disease: the MICI-SARS-CoV-2 study

Par : Lelong, Margaux

Document archivé le : 08/11/2022

Contexte : Les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), maladie de Crohn (MC) ou rectocolite hémorragique (RCH), traités par immunosuppresseur et/ou biothérapie pourraient avoir une modification de leur réponse immunitaire vis-à-vis de l'infection à SARS-CoV-2. L'objectif de l'étude MICI-SARS-CoV-2 était d'évaluer, pendant la première vague pandémique en France, l'incidence de COVID-19 dans une population de patients atteints de MICI traités par infliximab ou vedolizumab intraveineux (IV), et d'identifier les facteurs cliniques, socio-démographiques et biologiques associés au risque d'infection. Méthodes : Tous les patients atteints de RCH ou MC traités par infliximab ou vedolizumab IV entre mars et juin 2020 dans 14 centres français ont été inclus et suivis pendant 6 mois. A chacune de leur hospitalisation de jour, les patients reportaient la survenue ou non de symptômes évocateurs d'une infection COVID, et la réalisation éventuelle de tests diagnostiques. Leur sérum a été prélevé à chaque visite pour dosage des taux résiduels de biothérapie et des sérologies en fin de suivi. Résultats : Au total, 936 patients ont été inclus, dont 689 sous infliximab (73,6 %) et 245 sous vedolizumab (26,2 %), 20 % d'entre eux en combothérapie. Parmi eux, 351 patients (38,2 %) ont gardé une activité professionnelle pendant le suivi, et 80,8 % se rendaient en voiture personnelle à l'hôpital de jour pour leur perfusion. Sur les 6 mois de suivi, 389 patients (41,6 %) ont eu des symptômes évocateurs d'une infection COVID, 333 ont été testés (35,5 %), dont 18 se sont révélés positifs (tests antigéniques ou PCR). En fin de suivi, 29 patients (3,1 %) avaient une sérologie positive. Au total, 37 patients ont fait une infection à SARS-CoV-2 documentée par sérologie et/ou test nasopharyngé, soit une prévalence de 4,0 %, globalement similaire à la prévalence de l'infection à SARS-CoV-2 dans la population générale à la même période (4,5 %). Une sous-étude cas-témoin appariée 1:1 n'a pas montré de différence significative entre patients COVID+ et COVID– pour les caractéristiques cliniques, contrairement aux facteurs socio-démographiques, les patients infectés se déplaçant plus volontiers en transport collectif et résidant dans des appartements en zone urbaine. Les taux résiduels des biothérapies ne semblent pas influer sur le risque d'infection. Conclusion : Les biothérapies IV associées ou non à la prise d'un immunosuppresseur n'augmentent pas le risque d'infection à SARS-CoV-2 chez les patients atteints de MICI, et leurs taux résiduels n'ont pas d'influence. En revanche, l'utilisation d'un transport collectif et le type de logement (appartement en zone urbaine) semblent plus importants, démontrant que le respect des mesures barrières chez ces patients reste primordial pour prévenir la transmission du virus. 22 NANT 135M