Enquête sur l'évaluation de la couverture vaccinale rougeole et la perception de la vaccination auprès d’étudiants de 1ère année de l'Université de Nantes, Loire-Atlantique

Summa, Pierre - Archivé le 23-08-2012

En Loire-Atlantique, l'année 2010 a été marquée par l'intensification de l'épidémie de rougeole. La progression des cas a atteint 5018 cas en 2010, soit une augmentation de 325% par rapport à 2009, plaçant la Loire-Atlantique parmi les 10 départements français les plus touchés par l'épidémie. La moitié des personnes atteintes étaient âgées de plus de 14 ans, notamment la tranche d'âge des jeunes adultes, avec pour effet une recrudescence des hospitalisations et une exposition plus importante pour les jeunes professionnels de santé. Une enquête prospective et comparative a été réalisée du 1er au 30 Septembre 2010, menée auprès des étudiants de 1ère année commune de Santé (PACES), de Biologie Géologie Chimie (BGC), Lettres Modernes et Psychologie de l'Université de Nantes, auxquels un questionnaire a été remis en amphithéâtre ou au cours de travaux dirigés. Parmi les 3000 étudiants de première année ces quatre filières, 1982 ont répondu à notre enquête et 1914 questionnaires étaient exploitables. Près de 74% des étudiants se disent vaccinés contre la rougeole et 20% ne savent pas. De plus, 90% de la population ciblée ne sait pas combien de doses de vaccin elle a reçu et 2% disent avoir déjà contracté la rougeole. Il existe une relation significative entre « avoir un médecin traitant » et « être vacciné contre la rougeole » (p<0.05). Les personnes nées avant 1992 semblent moins bien protégées que les personnes nées depuis 1992 (p<0.05). Les étudiants de santé ont une meilleure perception de la vaccination que les autres étudiants (p<0,05). La rougeole est toujours considérée par les étudiants comme une maladie bénigne de l'enfance. Si cette population pense que la vaccination est un moyen de prévention efficace, elle se montre beaucoup plus critique à son égard soit par manque de connaissance soit par réticences. Trente pour cent des personnes réticentes pouvaient être convaincues par une bonne information réduisant le risque épidémiologique de 2%. Cette situation souligne l'importance du rôle des professionnels de santé, et en particulier du pharmacien, pour informer et rassurer la population sur la vaccination de la rougeole. Les campagnes d'information sont un soutien à ce travail de terrain. 12 NANT 034P


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