Acceptabilité d'un dépistage systématique du VIH en médecine générale

Par : Chapelet, Élodie

Document archivé le : 30/09/2013

En 2011, 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité et plusieurs dizaines de milliers de personnes infectées par le VIH [24 300- 31 500] ne sont toujours pas diagnostiquées. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé de 2009 et par la suite du plan VIH 2010-2014 préconisent un dépistage systématique du VIH à l'ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d'exposition à un risque de contamination. Nous avons voulu étudier l'acceptabilité d'un tel dépistage en cabinet de médecine générale. Il s'agit d'étude prospective descriptive, menée chez deux médecins généralistes de Loire-Atlantique sur une période de trois mois, d'août à octobre 2011. Un questionnaire visant à évaluer l'acceptabilité du dépistage systématique du VIH a été proposé à la population âgée de 15 à 70 ans consultant au cabinet et ce quel que soit le motif de consultation. Au cours de cette période, 108 femmes et 42 hommes ont répondu au questionnaire. Plus d'un tiers des personnes n'avaient jamais parlé de sexualité avec leur médecin et n'avaient jamais réalisé de test de dépistage au cours de leur vie. Plus de la moitié (61,5%) des personnes n'ayant jamais fait de test de dépistage estimait ne pas être à risque de contamination. Près d'un tiers des personnes n'avaient jamais entendu parler du dépistage généralisé du VIH à l'ensemble de la population. 84% des personnes estimaient que leur médecin était le mieux placé pour proposer un test de dépistage et 87,3% se déclaraient favorables à ce dépistage. Dans 75,3% des cas, le cabinet du médecin généraliste était choisi comme lieu préférentiel du dépistage. La proposition systématique du dépistage du VIH en médecine générale semble bien acceptée par les patients mais difficilement réalisable. La notion de dépistage systématique semble laisser place à celle d'un dépistage ciblé généralisé. Sans réaliser un dépistage de l'ensemble de sa patientèle, le médecin généraliste doit être capable d'identifier les personnes à risque de contamination et les symptômes pouvant être reliés au VIH. Dans cette démarche, le médecin généraliste pourra travailler en partenariat avec le réseau de santé sexuelle de Loire-Atlantique mis en place récemment. 13NANT017M

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