Effets de raccomodement produits par l'écriture du récit de situations extrêmes de vie

Par : Corinne Chaput-Le Bars

Document archivé le : 12/04/2013

Ce travail de recherche porte sur les effets produits par l'écriture d'un récit portant sur une situation extrême de vie, chez quatre anciens appelés de la guerre d'Algérie. Les résultats mettent en évidence que leurs manuscrits portent majoritairement sur les faits générateurs de traumatismes : environnement hostile, rapports humains souvent violents, actions militaires dangereuses, découverte de la barbarie et surtout rencontre avec sa propre finitude. La guerre y est massivement condamnée. Ils font aussi le récit de leur retour et témoignent d'un état de stress post-traumatique et d'une « volonté somnolente », ne leur ayant pas permis de raconter leur expérience. Ils mettent à profit leur récit de guerre pour évoquer les éléments déclencheurs de leur passage à l'écriture plusieurs décennies après, les écueils rencontrés et leur désir de faire œuvre de transmission. Les entretiens, inspirés par la méthodologie des histoires de vie, permettent de repérer pourquoi cette transmission a pris autant de temps, les effets d'autoformation, d'hétéroformation et de contribution à un savoir savant qu'elle procure, ainsi que les effets de restauration personnelle. Et ce, en dépit de quelques limites et, parmi elles, la réactivation des émotions. L'hypothèse centrale de la recherche est globalement vérifiée : faire le récit rétrospectif d'une situation de guerre favorise le raccommodement de soi, même quarante ans après les faits, ce qui doit encourager le Sciences de l'Education à poursuivre ses enseignements et ses recherches sur les histoiress de vie en situation extrême.


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