La scolarisation des jeunes avec autisme en 2010? : réflexions pédopsychiatriques à partir d'une étude descriptive dans les Pays de la Loire

Par : Thebault, Émilie

Document archivé le : 11/05/2010

La question de la scolarisation des enfants autistes est un sujet délicat. Jusque récemment, la France a considéré ces enfants non comme des handicapés mais comme des malades mentaux : la scolarisation ne leur était pas proposée, la prise en charge thérapeutique étant privilégiée, voire exclusive. Les luttes ont longtemps fait rage entre les défenseurs d'une prise en charge thérapeutique exclusive ou pédagogique exclusive, ce qui a entravé la mise en place d’une politique volontariste en matière d'autisme. En 1996, est votée une loi reconnaissant l'autisme comme un handicap. La loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées pose un principe encore nouveau, c'est l'obligation d'une inscription de tout enfant handicapé dans son école de quartier, et donc tant que faire se peut, le maintien d'une scolarisation ordinaire pour ces enfants, l'intégration scolaire étant le premier pas vers l'intégration sociale. La circulaire interministérielle du 8 Mars 2005 sur la politique de prise en charge des personnes atteintes d'autisme et de troubles envahissants du développement, met de nouveau l'accent dans son deuxième axe sur l’importance de la scolarisation, si possible en milieu ordinaire. Ces deux textes encadrent l'établissement de prises en charge individuelles, personnalisées, et ouvrent la porte de l'école aux enfants autistes. La scolarisation en milieu ordinaire apparaît désormais comme une thérapeutique en soi. S'opère un basculement subtil du sanitaire vers le scolaire : auparavant le soin passait avant l'éducation, dorénavant l'éducation, et par extension la scolarisation font partie du soin, voire sont des thérapeutiques à part entière. Le secteur médical a perdu son pouvoir décisionnaire au profit des instances de reconnaissance et de compensation du handicap. Quelles sont les implications d'une telle mutation pour la pédopsychiatrie ? Quels rôles pouvons-nous prendre dans ce nouveau dispositif ? Comment définir la place qui revient au soin et celle qui revient à l'éducation, et à la scolarisation ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de l'étude menée dans les Pays de la Loire ? Quelles questions psychopathologiques soulève-t-elle ? .- 2010NANT013M


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