Micromycètes et métabolites fongiques en milieu marin isolement de souches, mise en culture, production, identification et évaluation pharmacologique de lipides, acides gras et peptides

Par : Ruiz Nicolas

Document archivé le : 08/09/2009

La biodiversité des micromycètes en zones conchylicoles ainsi que les métabolites qu ils produisent en conditions marines ont été évalués au cours de ce travail. L évolution de la microfonge saprotrophe des zones conchylicoles a été étudiée par la réalisation de prélèvements saisonniers de sédiments sur différents sites côtiers atlantiques. Mis en culture, ces échantillons ont permis d isoler de nombreuses souches fongiques enrichissant la Mycothèque Marine du Laboratoire. Les micromycètes les plus fréquemment isolés appartiennent à trois genres : Penicillium, Aspergillus et Trichoderma. Quatre souches représentatives de la microfonge saprotrophe, Penicillium vermiculatum, P. citreonigrum, Trichoderma longibrachiatum et T. harzianum ont été sélectionnées pour l étude de leurs métabolites d intérêt nutritionnel et structural (lipides, acides gras) ou toxiques (peptides). Dans un premier temps, l étude a consisté à évaluer la richesse des quatre souches de micromycètes marins sélectionnées en termes de production et d originalité de lipides, notamment par la recherche d acides gras valorisables en santé et nutrition. L analyse des acides gras a montré des compositions proches des souches terrestres avec notamment la présence majoritaire des acides linoléique, oléique et palmitique. Néanmoins, il a été révélé pour la première fois chez ces champignons la présence d acides gras di- et triinsaturés conjugués en proportion non négligeable en comparaison avec leurs autres sources naturelles. Une souche, P. citreonigrum, s est particulièrement distinguée en produisant une quantité importante de triglycérides et des acides gras conjugués sans précédents tel que l acide 4-Me-6,8-16:2. Ce dernier a été isolé et purifié (complexation à l urée et CLHP-Ag+) afin d évaluer ses propriétés biologiques et pharmacologiques. Dans un second temps, les deux souches de Trichoderma ont également été étudiées pour leur production de peptaïbols, peptides linéaires neuroactifs, potentiellement impliqués dans des contaminations de coquillages. Cinquante séquences constituées de 11, 18 ou 20 résidus dont 33 nouvelles ont été isolées et identifiées. La comparaison des profils de production des peptaïbols s est révélée intéressante dans la différenciation des deux souches de Trichoderma. L application de cette approche à un plus grand nombre de Trichoderma sp. pourrait s avérer être un outil chimiotaxonomique efficace, en particulier pour les peptides à 11 résidus. La méthode d extraction originale utilisée a permis l isolement de quantités importantes de peptaïbols jamais atteintes, démontrant son intérêt. Le potentiel toxinogène des peptaïbols a été confirmé par la réalisation d une évaluation pharmacologique sur différents modèles biologiques, confirmant en particulier la forte implication des peptides à longues chaînes.

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