Université de Nantes
Archive du Service Commun de la Documentation

Exploration des données actimétriques de jour et de nuit au cours de trails en haute altitude

Par : Forquenot de La Fortelle, Sophie

Document archivé le : 26/10/2017

Contexte : peu de données existent sur l'évaluation de l'activité physique (AP) et du sommeil en condition réelle de trail en haute altitude. Méthodes : Un recueil de données a été réalisé à partir de l'actimètre multicapteurs Sensewear® Pro3 Armband (SWA) sur toute la durée de 2 trails distincts menés en Himalaya: l'Everest Sky Race (ESR) du 1er au 13/11/2015 et l'Annapurna Mandala Trail (AMT) du 4 au 14/04/2016, puis à 1 mois du retour en plaine. Six enregistrements effectués sur 7 volontaires bénévoles ont été validés sur l'ESR, et 8 sur l'AMT. Résultats : les traileurs de l'ESR font en moyenne 10km/j de moins que ceux de l'AMT. Le reste des données de terrain sont comparables. La dépense énergétique totale médiane de l'ESR est de 3 885 kcal/j [3 582 - 4 286], soit plus petite que celle de l'AMT qui est de 4 338 kcal/j [3 694 – 5 002] (p = 0,001), tout comme la dépense énergétique active (DEA) médiane de 2 785 kcal/j [2 294 - 3 227] versus 3 348 kcal/j [2 715 - 3 781] (p =0,001), et la podométrie de 36 472 pas/j [29 332 - 41 683] versus 48 218/j [42 355 - 58 743] (p<10-3) respectivement. Lors d'une journée de trail, sur l'ensemble des 2 trails, les participants ont essentiellement une AP d'intensité modérée (7h23 ± 2h43). Les temps passés en activité vigoureuse et très vigoureuse sont respectivement de 1h30 ± 1h22, et de 16 ± 32 min. Ils consacrent 2h14 ± 1h10 à une AP légère. Plus la distance est grande, plus la DEA est élevée (r = 0,707 ; p < 0,05). Plus le dénivelé cumulé augmente plus le nombre de pas augmente (r = 0, 463 ; p = 0,02). L'efficacité du sommeil en altitude est de 87% [79-91], identique à celle en plaine de 86% [78-92]. On observe cependant que les traileurs dorment 50 minutes de plus en valeur médiane, soit 437 min [388 - 493] versus 387 min [308 - 444] (p = 0,001) lorsqu'ils sont en plaine. Ceci concernant notamment le sommeil léger avec 33 minutes de plus qu'en plaine (p = 0,002). Il existe une tendance à ce que l'architecture du sommeil soit modifiée, avec une durée de sommeil profond un peu plus élevée à 56 min [34 - 87] en altitude versus 50 [26 -75] en plaine (p = 0,09). Si l'on s'intéresse à l'impact des données du terrain, plus l'altitude de la nuit augmente, plus la proportion de sommeil profond augmente (r = 0,404 ; p = 0,0 5). En comparant la podométrie de chacun des trails à celle de la plaine qui est de 8 489 pas/j [5 350 –14 543], on constate que les participants de l'ESR ont marché 4 fois plus, et les participants de l'AMT 6 fois plus que d'habitude. La DEA de l'ESR est 3,5 fois supérieure, et pour l'AMT de 4,2 fois supérieure à celle habituelle. Les traileurs de l'AMT ont eu une DEA de 20% supérieure à ceux de l'ESR. Comparativement à l'activité en plaine, les traileurs passent environ 5h de plus en AP d'intensité modérée, 1h15 de plus en vigoureuse, et 3h de moins en AP légère, par rapport à la plaine. Concernant le sommeil, ces résultats contrastent avec les modifications classiquement rapportées du sommeil en haute altitude. Le SWA étant validé pour l'évaluation de l'efficacité du sommeil et le temps de sommeil total, l'augmentation de ces paramètres lors des trails est probablement la conséquence du niveau de l'AP journalière atteinte. Conclusion : la comparaison des résultats des enregistrements obtenus en plaine et en altitude donne des informations cohérentes avec les données de terrain. Le SWA est utile pour évaluer objectivement les données de l'activité physique au cours des trails. Néanmoins, les données concernant l'architecture du sommeil en haute altitude demandent à être confirmées par des approches plus conventionnelles. 17NANT101M


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