Intérêt de la réalisation systématique d'un scanner thoraco-abdomino-pelvienne dans l'endocardite infectieuse

Par : Lecomte, Raphaël

Document archivé le : 16/11/2017

Introduction : dans l'endocardite infectieuse, la place du scanner thoraco-abdomino-pelvien (TAP) est discutée et sa réalisation à titre systématique est variable selon les centres. L'objectif principal de notre étude était d'évaluer l'intérêt de la réalisation systématique d'un scanner TAP dans l'endocardite infectieuse en examinant successivement l'intérêt diagnostique, thérapeutique et les potentiels risques sur la fonction rénale de cet examen. Matériel et méthodes : entre 2013 et 2016, nous avons inclus dans une cohorte prospective l'ensemble des patients chez qui le diagnostic d'endocardite a été retenu en réunion de concertation pluridisciplinaire aux CHU de Bordeaux et de Nantes et ayant eu un scanner TAP. Nous avons analysé les données diagnostiques et thérapeutiques en fonction de la présence d'emboles ou non au scanner TAP ainsi que les données de tolérance. Résultats : cinq cents vingt-deux patients ont été inclus dans l'analyse. Deux cents dix-sept patients (41,6%) avaient un embole thoraco-abdomino-pelvien au scanner. Sur le plan diagnostic, le scanner TAP a permis de modifier la classification diagnostique de Duke de 4 patients les faisant passer d'endocardite possible à certaine soit 0,8% des patients. La présence d'embole au scanner TAP n'a pas modifié la durée de l'antibiothérapie de façon significative (OR -2,31 (-9,82 ; 5,21) p= 0,55), ni modifié le recours à la chirurgie valvulaire (OR 1,2 (0,79 ; 1,81) p=0,39). La prise en charge spécifique d'une lésion découverte au scanner TAP a été nécessaire pour 42 des 522 patients dont 9 étaient asymptomatiques. Une insuffisance rénale aiguë était constaté dans les 5 jours suivant le scanner dans 17% des cas. Conclusion : la balance bénéfice risque de la réalisation systématique d'un scanner TAP semble défavorable. Alors que l'apport diagnostique ou thérapeutique est faible, sa réalisation est associée à un risque d'insuffisance rénale aiguë important. 17NANT128M


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