Le personnage monstrueux sur la scène tragique en France (1583-1743)

Par : Hélène Prigent

Document archivé le : 20/08/2012

Avec la redécouverte de l'Antiquité, et en lien avec le climat violent de la sociétéd'Ancien Régime, nombre de tragédies de la fin du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle mettent en scène des personnages monstrueux, reines méchantes ou tyrans sanguinaires. Cette étude a pour ambition d'approfondir la trajectoire d'un personnage totalement noir, personnage qui ne correspond pas à la doctrine aristotélicienne selon laquelle le personnage tragique doit être « ni totalement bon, ni totalement méchant ». Au-delà d'une crainte inspirée, les véritables monstres sont ainsi ceux qui ont une dimension choquante, effrayante. En effet, la véritable monstruosité ses situe dans la transgression d'une normalité des actes, dans le dépassement de toute logique des comportements. A travers la beauté d'un mal absolu, la figure du monstre devient profondément ambigüe et paradoxale:c'est un être frontière entre identité et altérité, humanité et inhumanité, bien et mal, civilisation et barbarie. Mais, singulièrement, le monstre est un personnage qui attire à lui tous les regards, un personnage qui intrigue et repousse tout à la fois les dramaturges et les spectateurs. Sa présence dans les pièces est étudiée ici dans le contexte littéraire, social et politique de l'époque, mais aussi cette récurrence du monstre est abordée d'un point de vue idéologique, philosophique, historique, théologique, esthétique. Le monstre ainsi illustre des réflexions sur les peurs ou la fragilité de l'homme ; il fait aussi évoluer le tragique, et préfigure de loin le personnage noir de l'époque romantique, à l'intérieur d'une esthétique qui normalement l'exclut.


Fichier(s) associé(s) au document :
these Hélène Prigent sur le monstre dans la tragédie.pdf